Journal de Kräftig

Ce qui se passe dans la tête de Kräftig

Category:
book/scroll
Description:

Pas un journal en soi. Il s’agit de courtes réflexions narrative de Kräftig: buts, aspirations, inquiétudes, désirs, …

Bio:
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Cimetière près de la tombe de Galifar, Mournlands

Entrant dans la pièce en faisant avancer sa lanterne magique, Kräftig remarqua immédiatement un coffre intriguant rangé le long du mur du fond ainsi que les statues au centre. Magnifiquement travaillée, elles se cachaient le visage, toutes tournées vers le centre.

Il ne put s’empêcher d’avoir une petite pensée pour les trois statues qu’il avait rencontré tout récemment dans la cité d’Argent. Il ne s’était pas douté de toute l’importance qu’elle auraient pour lui avant le début du rituel.

C’est en parti ce qui le poussa à imiter les statues et à se cacher le visage. Sentant ses alliés proches dans la pièce, il s’avanca d’un pas régulier vers le coffre au fond de la pièce. Après quelques pas, il senti un léger picotement et une lourde présence sur lui, comme s’il était observé. Il sut à ce moment qu’il était rendu au centre de la pièce. Poursuivant son chemin, il atteignit enfin le coffre qui, à tâton, ne semblait pas barré. D’une main, il ouvrit le coffre et y plongea la main pour savoir ce qu’il cachait comme trésor…

Page 7
Argent, cité des Champions

Il fut convenu après qu’Obanar et Sardis avisèrent le groupe de champions honoraires d’Argent que la meilleure option pour eux en ce moment était de partir à la recherche du métal rare contenu dans la couronne de l’ancien roi Galifar.

Comme tout le monde, Kräftig avait entendu parler de ce roi qui contrôlait un immense royaume auparavant. Sa chute entraîna une guerre sans merci dans tout Khorvaire, les peuples se retournant les uns contre les autres pour occuper le vide laissé par le grand Galifar. Pas étonnant que dans ce merdier tous les peuples aient oublié leur engagement envers Argent et la protection de Khorvaire par des champions.

C’était probablement cette même guerre qui avait façonné la destiné de Kräftig, envoyant guerriers en faction dans les Marshes faire nettoyer vêtements, armes et armures au petit commerce de ses parents. Exposé à tous ces soldats et guerriers, il n’avait pu faire autrement que de se réfugier des commentaires et de l’isolement imposés par la communauté dans son imaginaire, se voyant un jour fort et puissant comme eux, défendant son honneur et ceux qu’il aime. Et ça n’avait été qu’une question de temps avant de tomber sur un soldat un peu plus sympatique que les autres assez patient pour lui apprendre quelques règles de bases pour se battre et surtout, survivre. Samm lui avait bien parlé la dernère fois qu’ils se sont vus de rumeurs d’une catastrophe terrible à l’est qui aurait mis un terme à la guerre. Il avait ensuite entendu parler du brouillard maléfique et étrange qui planait toujours sur l’ancien champ de bataille. Mais Kräftig n’avait pas eu la chance encore de le voir de ses yeux. À voir les visages des autres qui en parlaient maintenant, ce n’était pas quelque chose qu’il fallait nécessairement vivre dans sa vie!…

Malgré tout, le groupe se mit d’accord pour partir à la première heure le lendemain via une des portes d’Obanar. À peine une demi journée pour installer les nouveaux venus et se reposer avant de partir à la recherche de la couronne. Si les périls étaient si sombres dans les Mournlands, Kräftig savait qu’il ne fallait pas baisser la garde et devait se tenir en forme s’il voulait espérer survivre un jour de plus.

Quittant la réunion, Kräftig regarde le carquois amélioré de Theren. Un petit sourire en coin se promena sur son visage. Il était content de ce qu’il avait pu faire en un avant-midi : des divisions simples mais solides et de belles gravures tout autour de l’embouchure du carquois dans lesquelles se glissait un mot en géant, « Darmanprok ».(Wintertouched)

Par curiosité, il alla au marché voir si les marchants s’étaient bien installés. Regardant à travers les étales à moitié déballés, il ne trouva rien d’intéressant pour lui. Croisant un Thorian connaisseur en pratiques martiales, il discuta avec lui pour se rendre compte qu’ils connaissaient tous deux sensiblement les mêmes choses. Kräftig tenu quand même à lui remettre le livre des réparations temporaires qu’il avait trouvé à Xendrik. Le Thorian n’en avait certainement pas besoin, mais Kräftig avait eu la chance de le feuilleter à plusieurs reprises et se dit qu’il serait beaucoup plus utile ici pour former d’autres arrivant plutôt qu’à prendre de l’espace dans son sac.

Près du temple, il décida d’aller payer ses respects à Dol Dorn en vu du défi qui se présentait devant eux. Fouillant dans son sac, Kräftig sorti un des deux foulards encore plié servant de fronde aux Thorians et le déposa sur l’autel, au pied de la statue du dieu de la Force et de l’Acier. Dégainant son épée et la plantant au sol, il posa un genou à terre et, la tête penchée en avant contre la lame, des deux mains sur le pommeau, il pria.

“Merci Dol Dorn d’avoir guidé ma lame, de m’avoir donner la puissance de vaincre et la force de survivre. Permet-moi de combattre en ton nom pour les siècles à venir.

La route devant nous est sombre et incertaine. Tu étais sage lorsque tu as détruit l’engin divin qui a enfermé Piranoth. Malheureusement, nous ne pouvons pas nous concentrer à les retrouver et les mettre en lieu sûr encore. Seul toi connaît ta puissance infinie. Seul toi pourrait savoir où se trouve maintenant les morceaux de l’engin. S,il-te-plaît, retarde Piranoth et ses serviteurs dans leurs recherches. Affaibli leur détermination, souffle leur moral et détruit ceux qui se dressent contre ta volonté. Nous ne serons pas loin derrière toi. Je serai au rendez-vous, l’épée dressée contre tous tes ennemis, le cœur à la guerre et l’esprit en paix.

Puisses-tu guider mes pas vers la victoire et la survie de Khorvaire, Ô Dol Dorn."

Se relevant, Kräftig se rendit au cercle de téléportation, devant les trois statues où il avait eu sa vision. Déposant l’autre foulard en offrande au pied du gros orc, il se recula et prit un moment pour observer les trois statues. Remarquant les traits, les objets sur eux, Krâftig revoyait des flashs de sa vision : la grande pièce de marbre, le picotement dans ses doigts qui dégelaient, le regard acceuillant de Kolic, le sourire amusé de Talic, le regard perçant de Madawck. Se remémorant son assension, Kräftig plongea son regard dans celui de pierre de ce dernier.

“Merci de me garder sur le droit chemin. Je ne me l’avoue pas, mais j’ai eu peur hier. Peur devant tant de gens soumis à la volonté d’un être maléfique. Peur de me faire prendre à mon tour. Peur de perdre mes moyens. Peur de blesser mes amis. Je comprends de plus en plus ce que vous avez commencé à me montrer en me rendant jusqu’à vous. J’aimerais bien survivre à cette menace pour pouvoir venir vous rencontrer et en apprendre encore plus. Qui sait, peut-être aurais-je la chance de venir vous voir et vous demander votre aide contre cette menace qui plane sur nous tous. Merci d’être les gardiens de mon esprit.”

Sur ce, Kräftig se rinca le visage avec l’eau du bassin et se dirigea vers l’arène d’entraînement où il rassembla les guerriers Thorians pour faire des exercices. Ef arriva en même temps, et il se mirent d’accord pour faire des exercices contre les Thorians. Essayant de les déstabiliser, Kräftig les poussa à bout le plus possible, leur apprenant à garder le contrôle et à agir ensemble malgré ses attaques répétés et celles d’Ef qui tentaient de les isoler. Après tout, mieux valait qu’ils apprennent à bien fonctionner ensemble puisque, de toute évidence les champions honoraires ne seraient pas là longtemps à leur côté pour défendre la ville, du moins pour le moment.

L’entraînement fini, ils se dirigèrent tous vers la taverne nouvellement ouverte pour partager bière et repas bien mérités. Le reste du groupe vint bientôt les rejoindre pour souper avec eux. Pendant le repas, Kräftig remarqua les regards un peu inquiets ou interrogateurs (il ne savait pas trop) qu’Ef lui lançait l’occasion. Se refus de parler de sa vision semblait la troubler plus que les autres, qui respectaientt son choix. Mais il ne voulait pas non plus que ça déconcentre Ef au point de lui nuire.

Après le repas, alors que tout le monde retournait tranquillement vers leur quartier pour une dernière et seule bonne nuit de repos avant de repartir, Kräftig invita Ef à aller prendre une marche autour du lac central d’Argent. Regardant les étoiles, profitant de l’air frais des montagnes, le silence accompagna pendant un bon moment le duo. Puis, finalement, Kräftig commença à raconter…

Le lendemain matin, Kräftig repassa en revu tout son équipement. Il prit même quelques véritables rations, profondément écoeuré de manger la nourriture magiquement créée. Elle était mangeable, voir bonne, certes, mais il y avait un je ne sais quoi qui manquait, qui enlevait le plaisir de manger. Il alla voir les guerrier élites Thorians avant de partir, s’assurant qu’ils comprennaient l’importance de leur mission et de protéger les quelques habitants d’Argent coûte que coûte afin que le reste des leurs puissent les rejoindre en sécurité dans quelques jours à l’intérieur de la ville.

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Au beau milieu de la forêt, Eldeen Reaches

Le combat à peine terminé, Kräftig se dirigea tout de suite vers Fayne alors que se dernier reprenait encore son souffle. Le prenant par les épaules, le demi-orc cherchait dans les yeux de l’humain des signes de faiblesses.

Es-tu correct? Tu es passé proche!…” Puis, voyant le regard encore un peu perdu et incrédule de Fayne devant Kräftig, celui-ci fit une accolade musclée à l’artificier. “_Content que tu sois toujours parmi nous!”

Puis, Kräftig prit le temps de lier les mains des prisoniers qui avaient survécus à leur embuscade avant de reprendre son souffle avec les autres. Regardant rapidement les cadavres, ils ne semblaient n’y avoir aucune possession de valeur que le groupe pouvait garder. Kräftig eu une idée et ramassa les deux bandes de tissus qui servaient de fronde aux Torrian et les rangea dans son sac. Il prit aussi deux roches de la grosseur d’un poing et les mis aussi dans son sac.

Regardant ses camarades, le barbabe ne put s’empêcher un petit sourire en coin de fierté. Ils avaient tous l’air de gens officiels, appartenant à un groupe qui pouvait faire la différence avec leur cape bourgogne séparé d’une ligne argent. Ce n’était pas du combat comme sa spécialité, mais il prenait de plus en plus de plaisir à occuper ses mains à des créations manuelles plutôt que le long d’un manche à apporter mort et destruction au nom de la survie du groupe et de Dol Dorn.

La rivière coulait toujours d’un bon débit lorsque les héros se rassemblèrent pour décider d’interroger les prisioniers ou de poursuivre tout de suite vers le village des Torrians.

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Bureau de House Sivis, Sharn

Lettre à Zilspar

Lucien, capitaine des gardes de Zilspar

Ça fait bientôt quelques semaines que nous avons aidé votre village à se défendre contre une attaque surprise d’un être maléfique et de monstres mous. Vous serez content d’apprendre qu’on sait maintenant qui a fait ça. Mais malheureusement, son pouvoir grandi et il menace maintenant d’autres régions.

On cherche maintenant des alliés pour nou aider à défendre une cité arrêter son influence qui grandit. Que se soit pour écoutervotre sens du devoir, pour vous venger de la mort de vos proches ou pour déménager parce que les travaux de reconstruction sont tout simplement trop important, toutes les raisons sont bonnes.

Toutes personnes voulant répondre à l’appel devrait se présenter au “Grinning Goblin” dans deux semaines pour nous accompagner dans notre route vers la justice.

Merci de transmettre à vos gardes et habitants,

Kräftig


Lettre à Brädig et Reini (parents)

Papa, maman…

Ça fait bien trop longtemps que je suis parti et que je vous ai vu.

Il y a pas longtemps, une vision m’a fait penser à vous et je voulais m’assurer que tout allait bien. J’espère que le commerce fonctionne bien sans moi. J’imagine qu’avec la guerre terminée, vous lavez beaucoup plus de linge que d’armes et d’armures.

Pour ma part je vais bien. Je me suis fait enfin de bons amis qui prennent bien soin de moi, et moi d’eux.

Je vous demandais si tout va bien, parce que j’ai à vous proposer quelque chose. Une terrible menace s’approche de Khorvaire, et je viens de trouver une cité ancienne dans laquelle vous seriez beaucoup plus en sécurité que simplement au village. Ils ont besoin de combattant autant que de simples habitants pour aider à faire fonctionner la ville et la défendre contre la menace qui plâne. Je ne sais pas si les choses vont mieux avec les autres habitants du village, et si beaucoup vous suivraient ou vous écouteraient, mais on a besoin du plus de combattants et d’habitants qu’on peut trouver. On doit honorer l’ancien Paragon Compact de nos ancêtres et répondre à l’appel, j’en suis convaincu. Et sachez que si les autres habitants vous traitent toujours aussi mal qu’avant, ça ne sera jamais le cas dans la nouvelle cité.

Si vous acceptez, vous pourriez vous rendre à Sharn avec les autres volontaires au “Grinning Goblin” dans deux semaines pour qu’on vous guide jusqu’à la cité. Je contacte Klug, un shaman que j’ai rencontré quand j’ai quitté vers la mer. Je suis certain qu’avec sa sagesse il pourra rassembler un groupe de personnes prêt à représenter les peuples des Shadows Marshes. Avec de la chance, vous croiserez ce groupe et pourrez faire la route ensemble.

J’espère vraiment que vous allez bien et j’aimerais vraiment vous revoir.

À bientôt,

“Kleinnig”


Lettre à Klug (shaman)

Maître Klug, gardien des esprits,

Ça fait bientôt 10 ans que je suis passé par votre tente, encore tellement jeune. Sans expérience, la rage de me prouver aux autres, la rage d’être moi-même, la rage du rejet, la rage de combattre… Toutes ses rages m’habitaient et avaient de la difficulté à vivre ensemble. Grâce à vous, j’ai su m’ouvrir les yeux et ne plus être aveuglé par la rage et m’ouvrir aux anciens, aux esprits de la communauté pour qu’ils m’aident dans ma route. Sans vous, je n’aurais pas pu survivre aussi longtemps, et je vous remercie grandement.

Vous serez content de savoir que j’ai continuez ma route, que j’ai pu finalement rencontrer des gens qui m’acceptent comme je suis. Je leur donne un bon coup de main, je fais une différence. Vous serez content aussi que j’ai progressé dans mon apprentissage, et qu’il y a pas longtemps j’ai pu rencontrer très rapidement Madawck, Kolic et Talik, les gardiens du Nord. Même très rapide, cette première rencontre m’a ouvert les yeux et a réussi à me montrer un autre chemin à emprunter pour devenir un guerrier champion et rendre fier Dol Dorn et les anciens. J’espère avoir la chance de revenir dans les Marshes et de les rencontrer de nouveau.

Malgré toutes ces bonnes nouvelles, je vous contacte parce que j’ai encore besoin de votre aide et votre sagesse. Notre route nous a fait rencontrer un allié qui est en grand danger contre une menace qui pourrait s’étendre sur Khorvaire et plus loin encore, amenant le Mal et la mort partout avec elle. Cet allié nous a parlé du Paragon Compact, un traité très ancien qui aurait été fait au départ avec des orcs et des golbins, puis avec d’autres races pour envoyer des champions pour protéger le monde contre le Mal. Peut-être qu’avec votre savoir et votre sagesse vous connaissez ce traité et l’ancien accord qu’il y avait avec la cité d’Argent.

La cité est maintenant laissée à elle-même, longtemps oubliée des Nations depuis la grande guerre de 100 ans. Elle est en grand besoin d’habitants, de combattants de toute sorte, de champions. En tant que premier répondants au premier traité, je crois qu’il est en notre devoir de répondre à l’appel et à nouveau de montrer l’exemple aux autres nations. Notre peuple en serait que plus respecté par sa valeur et sa combativité. Je vous contacte pour que vous soyez ma parole et mon coeur devant les chefs des tribus, des villages et des villes et que, par votre sagesse, vous puissiez rallier des volontaires et les meilleurs combattants possible pour répondre à la menace qui plâne sur nous. Que tous ceux qui acceptent le défi se présentent à Sharn, à l’auberge du “Grinning Goblin” pour nous rencontrer et se rendre à Argent.

Je vous remercie à l’avance et espère bien que ma route recroisera la votre très bientôt.

Kräftig


Message affiché chez Norbert (mercenaire)

Pour mercenaires solides et endurcis seulement.

Si vous êtes fatigués de toujours courir après différents emplois. Si vous n’avez pas peur de relever un nouveau défi. Si vous avez envie de vous établir sans pour autant perdre l’adrénaline que nous procure les jobs que l’on fait. Si vous souhaitez faire la différence et être fier de ce que vous faisez et apportez à votre job. Présentez-vous ici chez Norbert dans deux semaines pour plus d’infos, prêt à partir.

Kräftig

Page 4
Tunnel sous la ville, Feywild / Khyber

Kräftig remis sa fullblade dans son fourreau attaché dans son dos et s’assura d’un coup d’oeil que Saffrenia se portait bien. Mis à part quelques égratignures, elle semblait bien se porter.

Il va falloir l’avoir à l’oeil celle là. Une chance que j’étais là pour la mettre derrière nous, sinon elle n’aurait peut-être pas revu la lumière du jour… Mieux vaut tâcher de rester près d’elle et lui montrer de quo je suis capable. Avec un peu de chance, elle me remerciera en conséquence, et j’pourrai peut-être me trouver une meilleure armure ou un meilleur médaillon dans une de leur boutique, en espérant que leur marchés ne soient pas tous comme celui où on est arrivé…

Il monta la garde en regardant dans le trou et vers le corridor dégagé qu’ils n’avaient pas exploré encore alors que les autres dépoullaient les corps.

Pis? Quelque chose de bon qu’on peut récupérer?

Page 3
Campement en bordure de la route de Zilspar à Sharn, Breland

Kräftig attachait en silence les prisonniers qu’ils venaient de prendre sans aucun plaisir. Il commençait à vraiment perdre patience dans cette situation difficile. Dans sa tête, il ruminait:

Saleté d’amateurs qui n’écoutent pas… Se faire tuer pour aucune raison, juste pour un peu de gloire ou d’argent… Des bonnes personnes probablement…. Tout ça parce qu’un imbécile à décider de nous mettre sur le dos un gros tas de merde fourré aux mensonges…

Kräftig serra un peu trop fort les liens du prisonnier qu’il attachait, lui faisant étouffer un cri dans son baîllon. Sans y porter attention, Kräftig le souleva de terre et l’apporta près du feu, à côté des autres prisonniers.

Le jour où on va trouver l’enfoiré qui nous a mis dans cette merde là, les esprits seront là avec moi pour lui montrer le chemin vers l’Autre Monde…

Tendu et grognon, il se proposa tout de même pour terminer le premier tour de garde qu’il avait volontairement commencé. Une chance qu’il l’avait fait, parce que sinon les demi-elfes leur serait tombé dessus en plein sommeil. Il garda la boîte à feu fermée, préférant utiliser la lueur des étoile et de la lune pour voir plutôt que de risquer d’attirer d’autres chasseurs de primes ou voleurs de grand chemin. Ses yeux balayaient l’horizon tout autour du campement, principalement la grande route. Dans la noirceur de la nuit, il se mit à se demander comment il avait pu arriver ici.

Avait-il fait le bon choix vraiment de partir de son village? Le manque total de sympathie des villageois racistes avait été un gros facteur. Mais quand même, est-ce que maintenant c’était mieux? Il y avait eu la galère, puis les mercenaires, qui payaient pas aussi bien, mais le travail était relativement stable. Et depuis qu’il était parti? Apocalypse de personnes demi-mortes, cannibales, êtres de bois sauvages, villages anéantis, démon qui possède, avis de recherches et fausses accusations, chasseurs de têtes… Avait-il bien fait de “quitter” son travail de mercenaire pour “s’engager” avec ce petit groupe? Faisait-il vraiment toute la différence qu’il pouvait faire avec eux? Ils sont sympas, mais est-ce qu’ils sont reconnaissants de ce qu’il apportait au groupe? Repensant au commentaire de Rhaegar à propos des coûts de leur guérison, Kräftig se mit à douter.

Ayant trouvé une petite pierre à affûter sur un des demi-elfes, il se mit à aiguiser la dague qu’il s’était confectionné comme celles qu’il avait données à tout le monde. Se faisant, l’esprit de Kräftig se vida de toutes ses pensées, focussant uniquement sur la griffe qui formait la lame.

J’espère que les vieux sont corrects…

Il leva les yeux de sa lame et regarda les prisonniers. Croisant le regard d’un d’entre eux, il lui donna son regard le plus dur jusqu’à ce qu’il détourne le regard. Tous des demis-elfes, comme un vieil ami qu’il n’avait pas vu depuis très longtemps.

Où est-ce que tes rendus Samm? Toujours dans l’armée ou tu vends maintenant tes services comme moi à qui veut bien partager le butin?…

Songeur, le regard de Kräftig se perdit pendant quelques instants dans les étoiles. Puis, se levant, il alla réveiller…

Page 2
Village de Zilspar, Breland

Faisant le tour du village pour une xième fois, Kräftig et ses compagnons s’assuraient qu’il n’y ait plus aucunes aberrations gluantes qui traineraient ou se cacheraient dans un coin du village. Au passage, Rhaegar donne des soins au villageois encore secourable avec un espoir de s’en sortir, Theren tente de voir si la menace est belle et bien terminé, Sardis grille sur place quelques Oozes, Ef semble perdue dans ses pensées et Kräftig fait la liste mentalement des réparations les plus urgentes à effectuer. Tout semble bien aller quand certains membres du groupe remarque un garde dont le regard semble plus insistant sur eux.

Sentant qu’il y a quelque chose d’étrange, Kräftig regarde à son tour le garde. Dans les yeux du villageois, il n’y a pas que de la fierté ou de la reconnaissance envers les aventuriers. Il semble y avoir… autre chose. De la peur? De l’incompréhension? Kräftig comprend alors que c’est probablement du à cet avis de recherche sur leur tête. L’exaspération et la colère monte alors très rapidement dans tout le corps du demi-orc, crispant au passage les muscles de ses poings. Il laisse même échapper un petit grognement à peine audible, signe que sa patience n’est maintenant plus disponible. Est-ce le fait qu’il était enragé en combat pour sa survie il y a peu de temps qui fait en sorte qu’il réagisse de la sorte? Pourtant, les esprits de Dol Dorn et de la Nature semblent l’avoir quitté…

Sans quitter dès yeux le garde, Kräftig se dit: “Nar Udautas”*.

  • Pas aujourd’hui.
Page 1
Sentier vers Zilspar, Breland

Nettoyant la lame de son épée avec un chiffon avant de la ranger dans son dos, Kräftig ne peut s’empêcher de penser au papier avec son visage dessus et des accusations portées contre lui. Sans se forcer, il se met à penser à ses parents, s’ils sont corrects et que la maladie ne s’est pas rendu jusqu’;a eux dans les Shadow Marshes. Il s’en voudrait vraiment beaucoup si cétait le cas et qu’il leur serait arrivé quelque chose.

Il ne les a pas revu depuis son départ, encore adolescent avant qu’il commence à travailler sur les bateaux à ramer et qu’il y développe en partie la force qu’il possède maintenant. Ce n’était pas de mauvaise fois, simplement que le rythme du travail, du monde et de l’aventure l’avait toujours poussé un peu plus en avant, sans jamais pouvoir prendre le temps de se reposer ou de penser à sa famille.

Le torchon souillé de sang qu’il avait entre les mains lui rappela le temps où, à peine sortie de l’enfance, il frottait de toute ses forces les armures des combattants du village ou encore les aventuriers et mercenaires qui passaient par le petit magasin de ses parents avant de se rendre à la taverne. C’était tout simple et pourtant, ses petites mains mettaient tellement d’ardeurs à nettoyer ce qu’on lui donnait, content de pouvoir rendre service à ses parents, mais surtout de pouvoir être si près de tous ces outils de combat. C’était le seul moment où il pouvait plonger dans sa bulle et n’avait pas à subir les insultes des autres jeunes. Tout ça parce qu’il n’était pas humain, pas orc.

Jettant le torchon vigoureusement au bout de ses bras dans la forêt, il chassa le souvenir de ses jeunes qui avaient été une des raisons de son départ du village. Pensant à ce qu’il leur ferait s’il les croiserait maintenant, Kräftig affiche un large sourire en coin. Regardant Krâftig du coin de l’oeil, Rhaegar lève un sourcil, intrigué alors que Theren aperçoit le village au loin.

Journal de Kräftig

Eberron's Path of Madness Theb